La halle : La motivation du maître d’ouvrage était de préserver un patrimoine bâti emblématique de la ville. Ne sachant pas définir le devenir de cette halle — à la fois marché couvert, place ouverte et couverte, ou salle fermée sécurisée — nous avons proposé qu’elle accueille tous ces usages. Nous avons emprunté à l’architecture industrielle un élément mécanique capable de transformer l’espace : la porte sectionnelle, anoblie d’une peau d’inox perforé.
Enchâssées entre les structures béton existantes, elles permettent d’ouvrir la halle sur ses deux longs-pans et de retrouver son utilisation transversale, à l’image des marchandises transitant d’un préau à l’autre. Une fois ouverte, la halle se libère de toute menuiserie au sol et s’ouvre complètement à la ville comme un préau extérieur, permettant une appropriation continue de la place.
La gare : Pour signifier le caractère public de l’équipement sur le parvis, nous avons procédé au double retournement d’un élément remarquable, mais disparu : la marquise longeant les voies ferroviaires. Autrefois à l’arrière de la gare, la pergola frôle désormais la façade principale en brique rouge. Elle glisse de quelques mètres vers l’est pour créer le lien avec la halle et intégrer l’arbre existant. Autrefois en pente vers les rails, la couverture en verre s’inverse aujourd’hui et s’ouvre vers le parvis. La pergola est conçue uniquement avec des éléments de métallerie du commerce — cornière et poutres I — dont les assemblages restent visibles. Son esthétique de l’économie est sublimée par la position du verre : suspendu sous la structure, il la floute par un jeu de reflet, la rendant ainsi très légère. En intérieur, le volume de la gare est magnifié pour accueillir une salle de spectacle.